b) Exister au niveau communal

 

Au Conseil communal, employer le français relève du « trouble de l’ordre public » (sic). En vertu de l’arrêt 26/98 pris le 10 mars 1998 par la Cour Constitutionnelle, qui considère que l’obligation d’utiliser le néerlandais au cours des séances du conseil communal ne s’applique qu’aux bourgmestres et aux échevins, mais pas aux conseillers communaux, Nico Droeven a proposé au conseil communal du 25 octobre 2007 d’utiliser le français pendant les séances du conseil communal, mais aussi du conseil de police ainsi qu’au sein des diverses commissions. Il y a eu des incidents à chaque séance du conseil communal depuis ce moment-là et la majorité ne veut plus entendre un seul mot prononcé en français. Pour couvrir les voix francophones, elle a installé des micros et une amplification pour la présidente du conseil et le bourgmestre, elle suspend les séances pour un temps indéfini et elle appelle régulièrement sa police pour intimider les conseillers francophones.

Vis-à-vis de ses administrés, l’administration communale utilise désormais, avec la mesquinerie maximale, toutes les astuces et les pires arguments fallacieux pour leur refuser des documents ou contacts en français.

Plus de détails ?

Tout le monde se souvient de la construction, parfaitement orchestrée, d’une jurisprudence unilatéralement flamande concernant l’usage des langues par les mandataires locaux. On y a utilisé l’arme de mieux en mieux affûtée des chambres flamandes du Conseil d’État, qui ont décidé, « toutes seules dans leur coin », qu’il est interdit aux élus francophones d’utiliser leur propre langue au conseil communal. S’ils le font malgré tout, on considère que leurs paroles « n’existent pas ». S’ils votent en français, leur vote est sans valeur. Si un élu veut devenir bourgmestre de la commune, il peut être contraint de passer un examen linguistique pour prouver sa connaissance du néerlandais ; c’est la réintroduction du suffrage capacitaire, tel qu’il existait au dix-neuvième siècle. En résumé,on dit ouvertement aux représentants politiques des citoyens francophones autochtones de Fourons que la langue de leurs électeurs n’existe pas.

Depuis 1963 jusqu’en 2000, la représentation politique locale était restée inchangée. Il y avait seulement deux listes aux élections communales, l’une pro-wallonne, l’autre pro-flamande. A chaque élection, la liste pro-wallonne a obtenu la majorité absolue. Aux élections de 2000, la majorité a toutefois basculé en faveur de la liste pro-flamande, grâce à l’apport de centaines de voix de Fouronnais de nationalité néerlandaise. Depuis lors, la situation des citoyens francophones est devenue encore plus vulnérable. Auparavant, ils étaient continuellement en butte aux tracasseries des autorités provinciales et régionales flamandes (voir ci-après : les droits linguistiques), mais ils pouvaient au moins compter sur un soutien au niveau local. Actuellement, ils ne disposent plus d’aucun soutien, à aucun niveau. La situation s’est encore aggravée en 2006 puisque la majorité au Conseil de l’Aide Sociale est devenue flamande de justesse avec 1233 voix contre 1164.

La nouvelle majorité s’est évidemment empressée d’appliquer les circulaires « Peeters & C° », alors que la majorité pro-wallonne les avait tout simplement ignorées, sans le moindre problème.

La flamandisation des noms de rues en dépit de tout bon sens, destinée à empêcher leur traduction en français, voire à verser dans la provocation et l’humiliation délibérée des Francophones : la rue où se trouve la maison communale deviendrait « 1ste septemberstraat », en commémoration du 1er septembre 1963, le jour où Fourons fut arraché à la Wallonie et annexé à la Flandre. Dans le même ordre de prévenance et de bon goût, on verrait bien, par exemple, une « rue octobre 1950 » au Tibet.

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Publié le lundi 9 juillet 2007
Mis à jour le 30 mars 2010
 
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