Intervention de Jean-Louis Xhonneux, secrétaire général de l’Action fouronnaise, au 15ème anniversaire du transfert de Vellerat au Canton du Jura, le vendredi 1er juillet 2011 à Vellerat.

Photo de Danièle Ludwig parue dans "Le Quotidien Jurassien" du samedi 2 juillet 2011.
A gauche, l'actuel président du Parlement jurassien, M. André Burri; à droite, Pierre-André Comte, Maire de Vellerat, ancien président du Parlement jurassien.

Chers amis de Vellerat, 

C’est à une fête de la jeunesse jurassienne à Porrentruy que Roland Béguelin suggéra un jumelage entre Fourons et Vellerat.

Il nous fallut alors quelques années pour réaliser ce jumelage, pour le célébrer de part et d’autre. On vit même l’ambassadeur de Belgique à Berne s’inquiéter très officiellement du fait qu’un panneau à l’entrée du village indique que les Fourons sont « occupés par la Flandre ».

Cette plaque fut même enlevée par un commando flamingant et ensuite remise en place de façon bien sympathique. Et j’ai vu en arrivant qu’elle est toujours bien présente.

Mais ce n’est pas le jumelage qui nous occupe aujourd’hui, mais la célébration du 15ème anniversaire de la libération de Vellerat. Anniversaire pour lequel je suis venu vous apporter les félicitations les plus cordiales de mes concitoyens francophones fouronnais.

C’est l’occasion aussi de vous donner quelques nouvelles de chez nous.

Non, la Belgique n’a pas encore de nouveau gouvernement fédéral, mais nous avons beaucoup de gouvernements et beaucoup de choses fonctionnent. Il y a le gouvernement démissionnaire en affaires courantes et il dispose toujours d’une majorité parlementaire dans les 2 chambres. Il y a le gouvernement wallon, le gouvernement flamand, le gouvernement germanophone, le gouvernement bruxellois et le gouvernement de la Communauté Wallonie-Bruxelles. Ces 5 gouvernements fonctionnent normalement puisqu’ils ne dépendent pas des élections fédérales.

Les élections fédérales de juin 2010 ont donné la primauté à un parti nationaliste flamand, la N-VA, en Flandre, et au P.S. en Wallonie. Faire un gouvernement avec la N-VA est très difficile, voire impossible, si les Wallons et les Francophones veulent encore se faire respecter.

La N-VA a progressé en Flandre principalement au détriment des sociaux-chrétiens flamands et du Vlaams Belang, parti d’extrême-droite flamand qui avait fait une percée électorale il y a une dizaine d’années. Tous les autres partis avait créé un cordon sanitaire pour empêcher le  Vlaams Belang de faire aboutir certaines de ses idées. Ce cordon sanitaire a été lâché ce mercredi au cours d’une nuit houleuse au Parlement flamand. La N-VA et son ministre de l’intérieur, Geert Bourgeois, ont accepté les voix du Vlaams Belang pour faire voter une modification de la loi électorale flamande contenant des amendements imposés par le Vlaams Belang.

Nous avons manifesté dimanche dernier dans la périphérie bruxelloise avec nos amis du FDF, président par notre ami Olivier Maingain, parce que le même ministre Bourgeois refuse de nommer 3 bourgmestres élus en 2006 parce que, selon lui, ils auraient violé les règles linguistiques en envoyant les convocations électorales dans la langue des électeurs.

L’un des 3 bourgmestres non nommés a décidé de démissionner pour des raisons personnelles. Véronique Caprasse, qui n’était pas aux affaires précédemment et à qui on ne peut donc pas faire le même reproche, est proposée pour le remplacer. Mais le ministre Bourgeois la suspecte et il applique à son égard la présomption de culpabilité en refusant aussi de la nommer.

Votre maire, Pierre-André Comte, a déjà eu l’occasion d’ « apprécier» la personnalité de notre bourgmestre flamand des Fourons. Sachez que le sieur Broers est devenu sénateur de la N-VA et que maintenant il se croit tout permis. Il en a fait la démonstration au dernier conseil communal en arrachant le micro de notre conseiller Grégory Happart de la main gauche et en lui plaquant la main droite sur les yeux.

Sachez donc, chers amis de Vellerat, que nous continuons le combat, même si c’est parfois assez difficile.

Je redoute en effet que la pression internationale sur les finances belges n’amène certains hommes politiques à conclure des compromis tout à fait défavorables à la défense des Francophones, et principalement ceux qui se trouvent aux frontières.

Raison de plus évidemment pour rester vigilants et pour nous serrer les coudes.

Vive Vellerat.

C'était aussi l'occasion pour la commune de Vellerat de présenter sa nouvelle expression graphique qui s'est inspirée de l'architecture de l'église remarquable du village:

 

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Mis à jour le 4 juillet 2011